Le destin de l’Ukraine


Perejasław, la ville où en 1654 fut prise la décision de lier le destin de l’Ukraine à Moscou, regarde aujourd’hui vers l’Occident.

Sur la rue Moskiewska, pleine de nids de poule, allait le fier boyard Wasyl Buturlin, envoyé du Tsar Alexis. Le chemin passait près d’une épicerie, où l’on vend de la bière et des poulets cuits à la broche. Près de lui marchait le vaillant colonel de Cosaques, Paweł Tetera, qui l’avait accueilli dans les faubourgs.

Dans la clairière où se rejoignent les rivières Alta et Trubiz, Bohdan Chmielnicki arriva un peu après. Précisément le 16 janvier 1654.

Beaucoup d’historiens affirment qu’à l’endroit où les habitants s’assoient sur dans bancs en bois situé dans un parc de loisirs s’est décidé pour des siècles l’avenir de l’Ukraine.
Le Hetman, qui avait battu plusieurs fois, sans vraiment la vaincre, la République Nobiliaire devait trouver un protecteur. Le Sultan turc ou le Khan de Crimée furent approchés, sans trop de conviction, car étant des « Infidèles ».

« Inutile de vous décrire l’oppression subie des seigneurs polonais », déclara-t-il aux Cosaques rassemblés. « Et le Tsar est de la même sainte confession que nous. De la même foi ! », insista-t-il.
La question ainsi présentée, Alexis fut choisi.

Cette « union » avec la Russie était un geste tactique de la part de Chmielnicki, une sorte de pacte défensif. La façon dont cela s’est terminé, bien ou mal, est à débattre par les professeurs et les politiques.

La monnaie du Ghetto de Łódź

Le 8.IX.1939, les armées allemandes occupèrent la ville de Łódź. A peine 6 mois plus tard, le 8.II.1940, le Président de la police de Łódź promulgua une ordonnance en vue de créer un quartier d’habitation pour les Juifs dans la partie nord de la ville.
Les portes du Ghetto se ferment le 1.V.1940. Le fragment du Ghetto situé le plus au sud était délimité par la rue Północna. Plus loin, en se dirigeant vers la partie occidentale, les limites du Ghetto étaient déterminées dans l’ordre par les rues : Nad Łódką, Podrzeczna, Drewnowska, Lutomierska, Ślusarska, Drewnowska, Generalska, Wrześniewska, Urzędnicza, Zgierska, Żurawia, Okopowa, Marysińska, Inflancka, Zmienna, Bracka, Przemysłowa, Boya Żeleńskiego, Wojska Polskiego, Oblęgorska, Smugowa et Franciszkańska.

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Il renfermait plus de 160 milliers de citoyens polonais d’origine juive. Le Ghetto était placé sous les pouvoirs du Gettoverwaltung, dont le chef était un commerçant de Brême, Hans Biebow. Il dépendait directement du super-bourgmestre de Łódź – Ventzki.
Le Ghetto avait également un directoire juif, le Conseil des Anciens (Der Alteste der Juden), à la tête duquel figurait un commerçant peu connu, de Łódź, Chaim Mordechaj Rumkowski. Il fut l’organisateur de l’administration, de la police, des tribunaux, des prisons, d’entreprises, d’écoles, d’hôpitaux, etc.
Ainsi, le Ghetto de Łódź devint une création rappelant « un Etat dans l’Etat » – en réalité un gigantesque camp de concentration.
Le bourgmestre de Łodź, avec l’aval de la direction de la ReichsBank, recommanda à Rumkowski la création de monnaies spécialement destinées au Ghetto. La production de monnaies de nécessité pour les prisonniers de camps clos n’était pas une idée nouvelle. Cela avait déjà été pratiqué à grande échelle au cours de la Première Guerre mondiale. Cela devait interdire aux éventuels évadés tout déplacement autonome en dehors du camp.
C’était certainement le même dessein qu’avaient à l’esprit les inspirateurs de projet d’édition de monnaie pour le Ghetto de Łódź. Un atout supplémentaire pour les Allemands était la récupération de marks, utilisés jusqu’alors par les habitants du Ghetto.

« Par la diffusion de l’argent du Ghetto comme moyen unique de paiement, le maître des Juifs rentrait en possession des réserves de marks détenues dans le Ghetto, au moyen desquelles pouvaient être acquises toutes les marchandises nécessaires au maintien du Ghetto … » – écrivait le Directeur de l’Administration du Ghetto de Łódź en 1941.
Le taux de change pratiqué était résolument défavorable pour les Juifs et revenait à une autre forme de spoliation.
En juin 1940, furent mis en circulation des bons de papier d’une valeur nominale de : 50 pfennigs, 1, 2, 5, 10, 20 et 50 marks, rapidement surnommés par la population du Ghetto « rumki » ou « chaimki » du nom de Chaim Mordechaj Rumkowski, dont la signature figurait sur les billets.

Au début, Rumkowski s’était adressé à l’artiste-peintre Wincenty Brauner pour la maquette du projet. Sur les croquis réalisés par ce dernier figurait un homme arrachant ses chaînes sur fond de soleil levant. Pour des raisons compréhensibles ce projet ne fut pas accepté. En définitive, le projet des billets mis en circulation fut réalisé par le directeur du secteur du Bâtiment du Ghetto, l’ingénieur en architecture Ignacy Gutmann, les détails particuliers des billets étant dessinés et préparés pour l’impression par un graphiste de Łódź, Pinkus Szwarc. Après l’acceptation du projet par les autorités allemandes, les billets furent réalisés par une imprimerie sise à Łódź, en dehors du Ghetto, ul. Żeromskiego 87 (alors Ludendorffstrasse 87) pour un montant total de 7 348 000 marks (au lieu des 8.206.000 prévus à l’origine). Après la mise en circulation de ces billets, Rumkowski publia une annonce enjoignant l’échange des marks allemands contre les nouveaux marks du Ghetto, auprès de la Banque du Ghetto située ul. Marynarska 71 ou de son agence sise ul. Limanowskiego 56.

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Un fait qui éveilla la curiosité fut l’esthétique et la solidité de la monnaie papier du Ghetto, pour sa destination et les conditions de l’époque. Toutefois, il apparut dans le Ghetto un faussaire nommé Rauchwerger qui a réalisé entre 1940 et 1941 5 500 exemplaires de faux billets. En janvier 1942, il fut déporté du Ghetto au camp de Sachsenhausen où, comme bon spécialiste, il falsifia officiellement et sur commande des Allemands des livres anglaises et des dollars américains.
Il est intéressant de savoir que les ghettos de Białystok et Varsovie firent également des démarches pour introduire sur leur territoire une monnaie de nécessité, mais n’obtinrent pas l’accord des autorités allemandes.

Le 1.III.1942 Rumkowski retira de la circulation la menue monnaie polonaise et allemande, ce qui provoqua une pénurie de menue monnaie.
De ce fait, la Poste, entre autres, eut des soucis pour vendre ses cartes postales à 10 pfennigs. Dans cette situation, Rumkowski donna le 17.IV.1942 l’autorisation à la Poste du Ghetto d’émettre ses propres billets d’une valeur nominale de 10 pfennigs. La Poste diffusa aussi une seconde série de bons similaires le 15.V.1944, mais ceux-ci n’eurent aucun effet en raison de l’importante dépréciation de la monnaie.
Malgré l’émission des bons de 10 pfennigs par la Poste, le manque de menue monnaie à l’intérieur du Ghetto se faisait de plus en plus sensible.
Dans ces circonstances, Rumkowski décida de frapper ses propres monnaies de 10 pfennigs, en menant parallèlement des pourparlers avec l’Administration allemande du Ghetto.

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Il fut créé (ul. Zgierska 56) un atelier de fabrication pour lequel Rumkowski avait prévu la frappe de 700 000 pièces de 10 pfen. et 400 000 unités de 5 pfen.
Toutefois, les autorités allemandes n’accordèrent pas leur autorisation, en raison de la trop grande ressemblance avec les monnaies allemandes. En conséquence, le 24.VI.1942, la production de ces monnaies fut définitivement arrêtée.

De même, trois projets successifs n’obtinrent pas l’approbation des Allemands. Le quatrième projet fut enfin accepté. C’est ainsi que le 8.XII.1942, la monnaie de 10 pfen. en bronze phosphoré fut mise en circulation avec un tirage de 100 000 exemplaires (au lieu du million prévu). Après sa mise en place, furent démonétisés tous les coupons de 10 pfennigs édités par la Poste. En raison de la rapide dévaluation de la monnaie du Ghetto, ces billets n’avaient plus aucune valeur et servirent aux habitants à allumer le feu, d’où le peu d’exemplaires originaux conservés jusqu’à nos jours.
Les monnaies suivantes frappées pour le Ghetto furent des pièces d’aluminium de 5, 10 et 20 marks, dont le concepteur fut Pinkus Szwarc, les coins étant réalisés par un graveur de Łódź, Morduch Glezer. Ces monnaies furent frappées à la Section de Métallurgie, transférée avec l’atelier de frappe de son ancien siège du 56 de la rue Zgierska dans de nouveaux locaux des anciens Abattoirs Municipaux, ul. Łagiewnicka 63.

Le 27.XII.1943 apparut la première des pièces frappées, d’une valeur faciale de 10 marks. La suivante fut celle de 5 marks, mise en circulation le 22.II.1944 (composée au départ d’un alliage de magnésium et d’aluminium, ensuite d’aluminium pur). La matière première pour la production de ces monnaies provenait d’épaves d’avions détruits ou de chutes de métal consécutives à leur production, d’où l’épaisseur variable des pièces (1,95-2,83 mm).
Les dernières à être mises en circulation furent les pièces de 20 marks. Cette opération eut lieu le 21.VII.1944, soit juste avant la liquidation du Ghetto. Il est possible que leur mise en circulation à cette date fut intentionnellement destinée à leurrer les derniers habitants du Ghetto qui s’attendaient à être déportés.

Parmi les curiosités, il faut relever la présence sur la pièce de 20 marks d’une sécurité ayant la forme d’un petit triangle situé en prolongement de la lettre « R » de « MARK ». Une autre curiosité est l’existence de monnaies originales frappées en d’autres métaux, y compris l’argent, à l’intention des hôtes hitlériens visitant l’atelier de frappe de Łódź.
Le 18.VIII.1944, l’argent de Rumkowski perdit toute valeur, bien que la mise en place complète fut achevée seulement le 2.IX.1944 après la déportation des derniers habitants vers le camp de concentration d’Auschwitz.

Après la guerre, les coins originaux utilisés pour la production des monnaies entrèrent en possession du directeur des Ateliers de la Monnaie de Varsovie – Władysław Terlecki, collectionneur et numismate, président de l’Association de Numismatique de Varsovie.
Il ordonna de frapper à partir des coins originaux des épreuves en plomb en double et simple face, en faible quantité. Actuellement, les monnaies du Ghetto de Łódź atteignent des cotes élevées, ce qui motive les faussaires à se spécialiser dans leur production. Les faux sont d’excellente qualité et difficiles à distinguer des originaux, les novices devant s’adresser à un expert pour en confirmer l’authenticité.

Auteur : Jacek Kamiński
jackuskm@poczta.onet.pl[/quote]

Le témoin Hermann Schaper

  • « Rzeczpospolita » du 19 avril 2002. 19.04.2002, AK

    L’IPN a retrouvé le dirigeant ou l’instigateur de l’extermination des Juifs de Jedwabne

  • Hermann Schaper (91 ans en 2002 – probablement décédé depuis), commissaire de la Police criminelle du IIIe Reich et SS-Hauptsturmführer a été retrouvé par l’Institut de la Mémoire Nationale.

    Il a été interrogé comme témoin dans l’enquête sur l’assassinat, le 10 Juillet 1941, de la population juive de Jedwabne.

    Schaper était le commandant du détachement de la Gestapo, à qui est attribuée l’extermination des Juifs à l’été 1941 dans de district de Łomża, y compris Radziłów et Jedwabne.
    «RZ» 1 septembre 2001

  • L’Einsatzkomando Zichenau SS-Schrötersburg (Ciechanów – Płock) reçut l’ordre d’effectuer le «nettoyage» dans le district de Łomża. Il s’agissait d’y assassiner la population juive.

    La piste meurtrière des SS à l’été 1941 peut être reconstituée sur la base de deux documents allemands et les témoignages (membres de la SS et survivants juifs :

  • à la fin juin -Wizna,
  • 5 juillet -Wąsosz,
  • 7 Juillet – Radziłów,
  • 10 juillet – Jedwabne,
  • en août – Łomża et Tykocin,
  • 4 septembre – Rutka, outre « l’action juive » de Borkowo et Zambrów.

    La procédure pénale contre le commandant Schaper de l’Einsatzkomando Zichenau-Schrötersburg a été interrompue le 2 septembre 1965 en Allemagne pour manque de preuves.

  • Thomas Urban, « Wanted: Hermann Schaper »

    Le 11 avril, Schaper a été interrogé par un procureur fédéral allemand sur la base d’une liste de questions, préliminaires à une enquête sur les crimes de Jedwabne et Radziłów.

    Le procureur de la Direction générale de la Commission pour la poursuite des crimes contre la nation polonaise de Bialystok, Radoslaw Ignatiev, était également présent à l’audience.

    Selon le communiqué de l’IPN, en réponse aux questions, Hermann Schaper, a déclaré:

    – L’été 1941, je commandais le détachement de la Gestapo composé de 10 à 15 personnes se déplaçant en véhicule particulier ou à motocyclette ; j’ajoute que le commando n’avait pas de camions.

Schaper a nié avoir porté à l’époque l’uniforme noir et la casquette à tête de mort ainsi qu’avoir donné des ordres à ses subordonnés sur le marché de Tykocin, comme l’a décrit le témoin Fehler.

Répondant à une autre question, Schaper a déclaré que son supérieur se nommait Pulme. Il s’est rappelé aussi le nom de Baumann, l’un des officiers de la Gestapo, avec qui il a servi en 1941.

Interrogé pour savoir si son commando au-delà de la traque des agents et la recherche de documents avait également d’autres tâches, il a répondu: « Nous n’avions pas d’autres responsabilités. »

Sur la question de savoir ce qu’il savait des « ‘assassinats en masse des Juifs en juin – septembre 1941 dans la région de Łomża, il a déclaré « qu’il y a eu des actions sauvages des populations locales et de certaines unités ». Il rajoute qu’il ignore de quelles unités il s’agit.
L’interrogé a soumis au procureur un certain nombre de certificats, parmi lesquels un certificat médical attestant l’incapacité de témoigner. L’audience a été interrompue, le médecin  déclarant que sa poursuite pourrait déclencher une crise cardiaque ou un AVC.

L’existence du Commando Schaper et sa relation avec l’extermination des Juifs du district de Łomża été confirmée par la découverte dans les archives de l’Allemand Ph. D.Edmund Dmitrov, directeur du Bureau de l’éducation publique de l’IPN à Bialystok. Schaper a été vu 7 Juillet 1941, dans Radziłów ; il a été reconnu sur des photos par Chaya Finkelstein. Il a également été remarqué à la fin août, lors de l’extermination des Juifs de Tykocin, comme en témoigne Izchak Fehler. Les deux témoins israéliens ont déclaré que « Schaper leur a donné l’impression d’être le meneur de ‘l’extermination des Juifs. »

« Rz » du 1er septembre 2001 a publié l’article de Thomas Urban, la source la plus complète sur Schaper en Pologne.
Tout le monde pensait que Schaper était mort.
Sur demande de l’IPN, le procureur général de RFA et de la Centrale de recherches sur les crimes nationaux-socialistes de Ludwigsburg a effectué des recherches.
Au bout de trois mois, grâce à la police, on a réussi à repérer son lieu de résidence.
L’audition de Schaper, qui a confirmé l’existence du Commando tout en niant sa participation aux assassinats des Juifs de Jedwabne et Radzilów est très importante au point de vue des aveux et de la procédure.
Schaper fut le 19ème témoin auditionné dans l’affaire sur Jedwabne.
Des doutes subsisteront aussi longtemps que les noms des personnes ayant participé à ce crime ne seront pas connus. Le seul élément est la déclaration des témoins juifs tels Wasersztajn, Finkelsztajn, Grądowski, qui ne furent pas présents au moment des faits.

Gross a déterminé à 1600 le nombre de victimes, non confirmé par les exhumations ; au cours de celles-ci, il a été retrouvé des douilles de fusils allemands et d’armes individuelles d’officiers. L’IPN a beaucoup reçu de détails du Centre allemand de documentation des crimes nazis à Ludwigsburg.
Il y a 50 ans, les experts de Ludwigsburg ont constaté que sous le commandement du SS Hauptsturmführer Hermann Schaper, l’Einsatzkomando a réalisé dans au moins six villes de la région de Łomża, de fin juin à début septembre 1941, 6 « actions de liquidation de Juifs », à partir de fin juin à début septembre 1941. Des services israéliens ont de leur côté reconstitué l’itinéraire des assassins SS.

L’existence du Commando Schaper et sa relation avec l’extermination des Juifs du district de Łomża été confirmée par la découverte dans les archives de l’Allemand Ph. D.Edmund Dmitrov, directeur du Bureau de l’éducation publique de l’IPN à Bialystok. Schaper a été vu le 7 Juillet 1941 à Radziłów ; il a été reconnu sur des photos par Chaya Finkelstein. Il a également été remarqué à la fin août, lors de l’extermination des Juifs de Tykocin, comme en témoigne Izchak Fehler. Les deux témoins israéliens ont déclaré que « Schaper leur a donné l’impression « d’être le meneur de ‘l’extermination des Juifs. »

« Rz » du 1er septembre 2001 a publié l’article de Thomas Urban, la source la plus complète sur Schaper en Pologne.


Andrzej Kaczyński 19.04.2002

Fosses communes en Biélorussie

Kurapaty est un lieu sacré près de Minsk, capitale de la Biélorussie, où sont enterrées dans des fosses communes les victimes d’assassinats menés par le NKVD. Elles ont été ouvertes par des bulldozers lors de travaux en vue de la construction d’un immeuble de bureaux. Selon des historiens indépendants, elles seraient environ 250.000. Figurent des Polonais et des Biélorusses, ces derniers assassinés pour s’être opposés au gouvernement communiste. Selon les historiens, les 3872 Polonais de la « Liste biélorusse de Katyn » pourraient s’y trouver, assassinés sur les ordres de Staline en avril-mai 1940. De même que les victimes de l’ « Opération polonaise » du NKVD de l’année 1937 (100 000 Polonais assassinés) auxquels s’intéresse l’IPN. De même que des Polonais des Territoires occupés par les Soviétiques en septembre et éliminés après 1940. Près des tombes ont été trouvés des articles avec des inscriptions en polonais, médailles, etc. Le « champ de la mort » est marqué seulement par des croix de bois, les autorités biélorusses refusant de construire un monument et organiser la zone de protection adéquate. Kurapaty est un lieu sacré près de Minsk, capitale de la Biélorussie, où sont enterrées dans des fosses communes les victimes d’assassinats menés par le NKVD. Elles ont été ouvertes par des bulldozers lors de travaux en vue de la construction d’un immeuble de bureaux. Selon des historiens indépendants, elles seraient environ 250.000. Figurent des Polonais et des Biélorusses, ces derniers assassinés pour s’être opposés au gouvernement communiste. Selon les historiens, les 3872 Polonais de la « Liste biélorusse de Katyn » pourraient s’y trouver, assassinés sur les ordres de Staline en avril-mai 1940. De même que les victimes de l’ « Opération polonaise » du NKVD de l’année 1937 (100 000 Polonais assassinés) auxquels s’intéresse l’IPN. De même que des Polonais des Territoires occupés par les Soviétiques en septembre et éliminés après 1940. Près des tombes ont été trouvés des articles avec des inscriptions en polonais, médailles, etc. Le « champ de la mort » est marqué seulement par des croix de bois, les autorités biélorusses refusant de construire un monument et organiser la zone de protection adéquate.

L’agenda du NKVD – 19 janvier 1945

 19 janvier 1945.

Avant de s’illustrer dans l’organisation de « rendez-vous-surprises » , il est chargé par Lavrenti Beria de procéder à la déportation de masse des Allemands de la Volga ainsi que de plusieurs populations des Pays Baltes (Lettons, Estoniens, Lituaniens) et du Caucase (Tatars de Crimée, Kalmouks, Tchétchènes, Ingouches.).


 Ivan Serov

  En 1945, il est envoyé en Europe de l’Est, où il est chargé de mettre en place les organes politiques répressifs d’Etat dans les pays nouvellement conquis.

Il procède ainsi à la liquidation de l’Armée polonaise de Libération ; il met en place les services secrets polonais et la police politique est-allemande, la Stasi.

Rappelons que 17 Janvier 1945 la 1ère Armée polonaise entra dans Varsovie. Pendant ce temps, les 47ème et 61ème  Armées soviétiques du 1er Front biélorusse effectuèrent une manœuvre en tenaille au nord et au sud de la capitale polonaise, afin d’y boucler la IXème Armée allemande dans la fournaise. En plus de l’action militaire, les Soviétiques menèrent d’autres activités. Dans le rôle principal entrèrent en scène, les agents du NKVD, dont la tâche principale était l’élimination des soldats à l’esprit anti-communiste et antisoviétique de l’Armée de l’Intérieur et des Forces armées nationales. La Terreur fut conduite par le pouvoir polonais des agents de Joseph Staline : Bolesław Bierut, Władysław Gomułka, Edward Osóbka-Morawski, les généraux Michał Rola-Żymierski, Stanisław Popławski ou le colonel Marian Spychalski.

Une correspondance en date du 19 janvier 1945 entre deux criminels  staliniens : le chef des troupes du NKWD sur le front, le général Ivan Serov avec le vice-premier ministre et chef de la police secrète soviétique Lavrenti Beria. Le premier rapportait à son supérieur la situation à Varsovie.

« Afin d’établir un ordre adéquat à Varsovie, j’ai procédé comme suit :

  1. organisation d’un groupe tchékiste opérationnel avec la tâche de filtrer tous les résidents qui souhaitent se rendre à Praga (quartiers de la rive droite),
  2. utilisation de groupes opérationnels composés d’employés du ministère de la Sécurité publique et de nos tchékistes polonais, avec pour mission de repérer et arrêter les dirigeants de l’Armée de l’Intérieur, les Forces armées nationales et les partis politiques clandestins,
  3. en vue de protéger les actions menées fut implanté à Varsovie et mis à contribution le 2ème Régiment de garde-frontières du NKVD et 2 bataillons du 38ème Régiment de garde-frontières»- dit le rapport, ne laissant aucun doute sur la façon dont les Soviétiques se comportaient envers la Résistance polonaise.

Ce même 19 Janvier, sur les allées de Jérusalem, débarrassées pour l’occasion des gravats, des troupes sélectionnées de la 1ère Armée défilèrent au son de la « Varsovienne »

Assistaient à la parade, sur une tribune située en face de l’hôtel « Polonia », les représentants des autorités communistes et les militaires, entre autres, Bierut, Gomulka, Osobka-Morawski, gen. Role-Zymierski, gen. Poplawski, le colonel Spychalski et maréchal soviétique Gueorgui Joukov.

Bolesław Bierut, Władysław Gomułka, Edward Osóbka-Morawski, les généraux Michał Rola-Żymierski, Stanisław Popławski ou le colonel Marian Spychalski, avec en invité de marque le maréchal soviétique Iouri Joukow.

En savoir plus sur http://nowahistoria.interia.pl/kartka-z-kalendarza/news-19-stycznia-1945-r-raport-nkwd-z-warszawy,nId,2338583#utm_source=pas

 

Couverture

La défense de Grodno – septembre 1939

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 Blason du 102° Uhlans

La chasse aux chars soviétiques à Grodno en septembre 1939

Grodno fut la seule ville des Confins qui opposa une forte résistance à l’envahisseur. Les Soviets avaient prévu de l’occuper dès le 20 septembre 1939. Non seulement ils échouèrent, mais ils subirent de lourdes pertes en affrontant les Polonais.

En 1939, Grodno était un chef-lieu de district, une ville de garnison et un centre culturel important des Confins. Les Polonais représentaient environ 60% des 60 000 habitants. L’agglomération était située principalement sur la rive droite du Niémen, reliée à son autre partie par deux ponts, routier et ferré.

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Les Soviétiques à Grodno

Soldats et volontaires

Le 20 septembre deux bataillons d’infanterie se trouvaient à Grodno, ainsi que quelques plus petites formations et des unités de gendarmerie et de police. Un soutien important aux militaires était constitué d’un groupement important de civils, principalement des scouts et des fonctionnaires d’Etat.

On estime que la ville était défendue au total par environ 2000-2500 soldats et volontaires. Les armes antichars faisaient défaut aux Polonais.

Toute l’artillerie consistait en deux canons antiaériens Bofors de 40 mm. On avait fait provision de projectiles incendiaires, bouteilles remplies d’un mélange de pétrole et d’essence.

Les Soviets aux portes de Grodno

Les Soviets considéraient Grodno comme une ville fortement armée et désignèrent pour sa conquête des forces importantes du XV° Corps blindé de la 11° Armée.

Toutefois, en raison de la désorganisation de la structure du commandement soviétique et de problèmes d’intendance, seule pouvait intervenir la 27° brigade blindée. Elle comptait 146 chars et 11 véhicules blindés dont, par manque de carburant, à peine la moitié étaient opérationnels..

Le bataillon de reconnaissance de la 27° Brigade blindée fut le premier à arriver au contact de la ville. 11 chars soviétiques firent mouvement vers le pont routier du Sud.

Au cours de leur déplacement, ils essuyèrent un feu nourri d’armes automatiques et d’un canon qui détruit un véhicule radio.

Les Soviets refluèrent en désordre, puis reprirent leur progression.

La destruction du bataillon de reconnaissance

La défense fut extraordinairement efficace.

Le premier char fut incendié par un engin, le deuxième détruit par des obus Bofors. Un véhicule blindé fut fortement endommagé par un fusil-mitrailleur.

Les soldats commencèrent une véritable chasse aux blindés. L’un fut repéré par les traces de ses chenilles. L’aspirant Hlebowicz abattit un conducteur de char d’une balle dans la tête tirée par la meurtrière. Le véhicule, cerné, fut incendié au moyen de cocktails Molotov. Le suivant fut détruit par des grenades jetées par la trappe de sa tourelle.

Au cours des combats, l’infanterie soviétique tenta de franchir le Niémen.

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Le pont routier enjambant le fleuve Niemen.

Les soldats de l’Armée Rouge furent pris sous des tirs croisés d’armes automatiques et se retirèrent laissant sur le champ de bataille de nombreux morts et blessés.

Selon des sources polonaises, tous les chars du bataillon de reconnaissance furent détruits. Les Soviets reconnurent avoir perdu 4 chars et une radiostation automobile.

Du côté polonais, on déplorait beaucoup de morts et de blessés.

Les incursions nocturnes des Polonais

Le reste des effectifs de la 27ème Division finit par arriver.

Dans l’après-midi, près de Grodno se trouvaient déjà 3 bataillons blindés et les restes du bataillon de reconnaissance, soit au total 65 chars. Des unités d’infanterie et d’artillerie furent rameutées, lesquelles commencèrent à détruire les positions polonaises. Les cibles furent faciles à cerner, grâce aux renseignements fournis par les partisans communistes de Grodno.

Les Polonais reçurent les renforts des 101ème et 102 ème Uhlans ainsi que du 103ème Régiment de Chevau-légers du Groupement « Wołkowysk ». Arriva avec la Cavalerie le général Wacław Przeździecki, qui prit le commandement de la défense de la ville. L’obscurité nocturne n’interrompit pas les combats. Les soldats des deux côtés tentèrent des incursions sur l’autre rive du fleuve. Avec succès pour les Polonais.

Un des escadrons du 102ème Uhlans détruit un poste soviétique près du pont et repoussa les Soviétiques pour quelque temps. Un autre groupe, composé de soldats parlant le russe et muni d’une grande quantité de grenades attaqua des unités ennemies circulant sur la route de Skidl, provoquant une grande confusion chez l’assaillant.

L’échec du deuxième assaut

Toutefois, les Soviétiques renforçaient leur emprise. De nouvelles unités du 27ème Corps blindé et les premiers détachements du VIème Corps cosaque de Cavalerie arrivèrent en renfort. Le 21 septembre, entre 4h00 et 4h30, après une forte préparation d’artillerie, l’infanterie soviétique appuyée par des blindés se mit en mouvement.

Au Sud-Est, deux bataillons soviétiques frappèrent les postions des fusiliers polonais. Les défenseurs mirent à profit des lacunes dans les lignes de l’ennemi et le prirent à revers. Deux compagnies polonaises effectuèrent un véritable massacre. Des soldats pris de panique jetèrent leurs armes et s’enfuirent.

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C’est seulement l’intervention des chars soviétiques repoussant les soldats polonais qui sauva d’une mort certaine les deux bataillons.

Les chars soviétiques du VIème Corps de Cavalerie chargèrent à partir du pont routier. Son commandant, le Komdiv Jeremienko, mena personnellement ses troupes au combat et dut par deux fois s’extraire d’un char endommagé par les Polonais. La troisième fois, il fut blessé et l’offensive soviétique sur le pont brisée.

La bestialité de l’envahisseur

Malgré des succès certains, les défenseurs de Grodno furent progressivement repoussés de leurs positions, les combats se reportant vers le centre-ville. Les Soviets utilisèrent diverses méthodes pour briser le moral des Polonais.

On observa plusieurs fois comment les équipages de chars attachaient à leur véhicule des enfants pour en faire des « boucliers vivants ».

Parmi eux figurait Tadzio Jasiński, 13 ans, qui tenta d’incendier un char ennemi. Hélas, il fut capturé, torturé et ligoté à la tourelle d’un char. Délivré par les Polonais, il expira dans les bras de sa mère.

La « conquête » de Grodno par les Soviets

Les Polonais se retirèrent lentement et se dirigèrent vers la frontière lituanienne.

La dernière résistance se tenait dans l’ancien Palais royal, un  groupe d’écoles professionnelles et une caserne.

A l’aube, les soldats quittèrent leurs positions. Quittèrent également la ville les deux dirigeants de la défense, le commandant Serafin et le maire-adjoint de Grodno, Roman Sawicki.

Le commandement soviétique ne s’en aperçut pas de suite.

Les unités d’assaut avaient été retirées et l’approvisionnement en carburant et munitions fut effectué. Une attaque générale était prévue pour le 22 septembre avec l’utilisation de tous les moyens disponibles. Le soldats de l’Armée rouge entrant dans la ville ne se heurtèrent qu’à une faible résistance de la part de quelques rares défenseurs.

Dans son livre « Le Pacte des diables » Roger Moorhouse écrivit que  « la défense polonaise face à l’invasion soviétique fut le plus souvent improvisée ». Il en fut de même à Grodno, mais ceci donna de bons résultats. Les pertes soviétiques ne sont pas précisément connues. Ils reconnurent la mort de 53 soldats et 161 blessés, ainsi que la perte de 19 chars et de 3 véhicules blindés. Selon des sources polonaises, ces chiffres sont nettement minorés.

Les crimes de l’occupant soviétique

Les Soviétiques déportèrent environ 1000 prisonniers. Les officiers furent assassinés sur place. Selon Roger Moorhouse, la cause de ce comportement fut la haine instinctive des soldats de l’Armée rouge envers le corps des officiers polonais, identifié à la noblesse catholique.

300 défenseurs furent fusillés – soldats et habitants – dont des adolescents. Un nombre inconnu de Polonais furent écrasés par des chars dans l’Est de la ville. Soulignant l’héroïsme des défenseurs, le général Władysław Sikorski les nomma en décembre 1941 les « Nouveaux Aiglons ». Le 14 septembre 2009, le Président Lech Kaczyński décora à titre posthume Tadzio Jasiński de la Croix de Commandeur de l’Ordre de la Renaissance polonaise.

Dariusz Kaliński | 2015-12-07 (14:56) |